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Banque Mondiale: Shantayanan Devarajan au Cameroun

Par Idriss Linge - 28/06/2012

Au terme de son séjour en terre camerounaise ce 27 juin 2012, l’économiste en chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique a réexpliqué la vision de cette institution sur des questions clés comme l’emploi des jeunes, les subventions de carburant et l’agriculture. Selon M. Shantayanan Devarajan, la forte hausse de la population que connait le Cameroun comme d’ailleurs toute l’Afrique, se présente aujourd’hui comme une «opportunité», mais surtout comme un «défi». «Chaque année, de nombreux jeunes frappent aux portes d’un marché de l’emploi qui est aujourd’hui incapable de les absorber. Cette situation s’est progressivement traduite pour ce qui est du Cameroun, par la forte hausse des emplois informels. Or les expériences que nous avons des autres pays vivant la même situation montrent que même avec des taux de croissance de 10% la création des emplois formels risquerait de ne pas suivre automatiquement», a expliqué l’économiste. L’expert a salué dans ce cadre l’initiative camerounaise, de diversifier la productivité de son économie hors matières premières, mais aussi a suggéré des pistes en vue contenir le sous-emploi. «L’option du Cameroun de diversifier son économie hors matières premières dans le cadre de sa stratégie, est cohérente avec la recherche de la croissance et peut être porteuse de création d’emploi, mais le sous-emploi risque de demeurer, compte tenu de la demande. Comment donc faire pour valoriser ce sous-emploi? Une des choses à faire c’est d’améliorer l’éducation et le niveau de santé par exemple pour ce qui est du Cameroun, dans le secteur agricole. Si ces paysans sont mieux éduqués et ont une meilleure garantie de santé, cela peut accroitre leur productivité et par conséquent leurs revenus», a expliqué M. Devarajan.


    L'économiste en chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique, M. Shantayanan Devarajan
    © flickr.com

De nombreux experts locaux, même s’ils sont d’accord sur le constat, le sont moins sur les causes et encore moins sur les solutions à mettre en place. Pour Dieudonné Essomba ingénieur statisticien en service au ministère de l’économie, le Cameroun est victime d’un système économique mondial, qui confine des zones comme l’Afrique subsaharienne dont fait partie le Cameroun, à n’être qu’un vaste espace de consommateurs. «Ceux aujourd’hui qui sont les grands opérateurs économiques au Cameroun, les Fotso, les Sohaing et autres, n’ont pas la particularité d’être ceux qui sont le plus allés à l’école et une récente rencontre au GICAM dernièrement l’a encore démontré» explique-t-il. Selon cet expert, le sous-emploi provient d’une combinaison de facteurs aussi complexes que, l’accès à l’éducation que la seule amélioration de la santé ne peut résorber, tout autant qu’une amélioration de l’environnement des affaires ou de la gouvernance. «La vérité est que le système économique au Cameroun est bloqué. Toutes les autres situations ne sont que des facteurs aggravants. De nombreuses personnes aujourd’hui qui sont dans l’informel du commerce notamment, ont la réputation d’être aussi des diplômés de l’enseignement supérieur, qui s’y retrouvent faute de mieux», explique M. Essomba. L’économiste en chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique, a reconnu que le problème était complexe et qu’il n’existait pas de solution magique. «Il faudrait déjà que le gouvernement du Cameroun s’y mette. Un bon exemple de solution à ce problème aura été la mise en place des filets sociaux comme au Brésil, des filets qui ont permis l’amélioration des conditions de vie de nombreux paysans. La Banque possède d’autres exemples et expertises dans le monde qu’elle est prête à partager», a-t-il expliqué. Pourtant et à la différence du Brésil par contre, la mise en place de filets sociaux au Cameroun, conduisant à l’amélioration poserait un autre problème, celui du creusement de la balance des paiements, dans un pays qui ne produit pas autant qu’il consomme et où les secteurs à fort potentiel de croissance sont soutenus par les investissements directs étrangers avec possibilité de rapatriement total des bénéfices ou l’aide internationale d’avantage conçue pour renforcer la croissance et la domination des pays donateurs.



MOTS CLES :  Cameroun   Jeunes   Emploi   Mondiale   Banque 

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Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation