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Auteur: Ludovic AMARA jeudi, 7 mars 2019

Cameroun : poker menteur autour de l’augmentation du prix de la boisson

Gouvernement, industries brassicoles, distributeurs et associations des consommateurs se renvoient la responsabilité d’une augmentation inévitable.

Les principaux brasseurs du Cameroun étaient sur la sellette ce 06 mars à Yaoundé. Convoqués, par le ministre du Commerce, les géeants de l’industrie brassicole qui forment la Cameroon Alcohol Producers Association (CAPA), devaient s’expliquer sur la hausse jugée « illégale » des prix de la boisson. Accusation portée par le gouvernement et les associations de consommateurs.

D’entrée de jeu, le ministre du Commerce constate que les dirigeants de des entreprises de la CAPA se sont tous fait représentés. « Je note cela… », va faire savoir Luc Magloire Mbarga Atangana.

Puis, à tour de rôle, les représentants de l’industrie brassicole vont indexer la loi de finances 2019. Celle-ci consacre en effet une augmentation du droit d’accises. Une taxe de plus pour les brasseurs. Ceux-ci jurent presqu’en chœur qu’ils ont procédé à une augmentation « contre leur volonté ».

« La CAPA s’est rapprochée du gouvernement pour lui faire savoir que cette hausse du droit d’accises implique une augmentation qui se répercuterait au consommateur », explique le représentant de la Société anonyme des brasseries du Cameroun (SABC). « L’augmentation [du prix de la boisson] est la conséquence de la loi de finances, va renchérir le directeur des ventes de la SABC. « Nous avons dû réviser certains prix. Il était difficile d’assumer cette augmentation de la loi de finances », conclu-t-il.

Même son de cloche chez Guinness S.A, dont la représentante est beaucoup plus alarmiste. Sans cette augmentation, soutien-t-elle, l’entreprise qu’elle représente aurait perdu de l’argent et aurait été obligée de restructurer pour ne pas faire faillite. Et qui dit restructuration dit licenciements.

A l’Union camerounaise des brasseries (UCB), l’on affirme que « nous étions les derniers à vouloir cette augmentation ». « On avait peur de cette augmentation. Et sur les 4 mesures que prévoyait la loi de finances 2019, nous avons accepté d’absorber 3 », défend-t-il. « Mais nous sommes obligés de répercuter sur le prix au niveau du consommateur », se désole-t-il, avant de conclure : « si on absorbe la loi de finances sans pouvoir répercuter au consommateur, on va fermer boutique ».

Des objections que rejette le ministre du Commerce, qui avance que les nouvelles dispositions sur le droit d’accises « pouvaient être absorbées par les brasseurs C’est la position du gouvernement ». Luc Magloire Mbarga Atangana ajoute que « notre position a toujours été que l’industrie brassicole, pouvait faire un geste envers sa clientèle. C’est le sens de notre plaidoyer ».

Par cette position, le gouvernement du Cameroun reconnait qu’il avait été notifié des conséquences du nouvel impôt de la loi de finances 2019. C’est d’ailleurs ce que va rappeler le représentant de UCB, qui affirme que le gouvernement avait même calculer que cette augmentation serait de 32 FCFA.

Cependant, interpellé sur le fait que l’augmentation décidée par la CAPA le 1er mars contient jusqu’à 100 FCFA de majoration, les brasseurs évoquent des chiffres « arrondis » à la hausse pour éviter des problèmes de « monnaie ».

Colère des associations des consommateurs qui crient à la « manipulation ». Pour les défenseurs des droits des consommateurs, les brasseurs procèdent illégalement et unilatéralement à l’augmentation des prix. Ceci avec la complicité des distributeurs. Les associations des consommateurs se plaignent par ailleurs de ne pas avoir été consultés avant cette augmentation.

Pour le gouvernement qui semble avoir acté l’augmentation, il est davantage question de faire passer la pilule sans trop de remous. Aussi, le ministre du Commerce convoque la loi sur l’activité commerciale. Celle-ci dispose en son article 44 que toute augmentation du prix de produits se fait par dépôt d’un barème des nouveaux prix 15 jours avant l’entrée en vigueur de ces derniers herenapotheek.nl.

Décision a été prise de suspendre l’augmentation décidée par le CAPA le 1er mars, et d’accorder 2 jours de négociation entre brasseurs, distributeurs, et associations de consommateurs pour arrêter le tarif définitif sur l’augmentation. B.J. Goodson Authentic Jersey

Ludovic AMARA

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