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Auteur: Ludovic AMARA mardi, 12 mars 2019

La Beac coupe les vivres à la Bdeac

La banque centrale de la sous-région Afrique centrale n’est plus disposée à soutenir financièrement sa sœur chargée du développement.

La Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) a suspendu ses financements à sa sœur, la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale  (BDEAC). On ignore quand cette décision a été prise. Tout ce que l’on sait c’est que la banque centrale conditionne sa levée à la mise en oeuvre de la réforme de la BDEAC.

« Notre Conseil d’administration évaluera la mise en œuvre effective des réformes de la gouvernance qu’il a recommandée, ainsi que celles prescrites lors de la séance extraordinaire de la Conférence des chefs d’État du 25 octobre 2018 à Ndjamena, avant d’autoriser tout nouveau financement à la BDEAC». Ces mots sont du gouverneur de la Beac, dans la lettre d’appui aux programmes de redressement et de réformes entrepris par les pays membres de la Cemac.

Cette lettre a été adressée, le 5 décembre dernier, à la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Pour Abbas Mahamat Tolli, « il s’agit d’une question de sauvegarde pour la Banque centrale, compte tenu du financement relativement élevé qu’elle a fourni à cette institution ». À ce jour, la dette de la BDEAC vis-à-vis de la Beac s’élève à 220 milliards de francs CFA, selon le FMI. Pour l’institution de Bretton Woods, qui soutient cette décision de la Beac, « le rôle d’une banque centrale n’est pas de financer une banque de développement ». Aussi, l’institution conseille à la BDEAC de chercher d’autres sources de financement dès que possible, afin de réduire l’exposition de la Beac à la BDEAC.

La réforme de la BDEAC vise plusieurs points : le renforcement de sa gouvernance ; l’arrimage de sa gestion aux standards internationaux ; l’amélioration de son efficacité fonctionnelle et opérationnelle ; la modernisation de la gestion du personnel ; la définition de nouvelles règles d’éthique et de déontologie applicables aux administrateurs, aux dirigeants et au personnel; l’élargissement de sa zone d’intervention et de nouvelles formes d’intervention.

En décembre dernier, le président de la Commission de la Cemac, Daniel Ona Ondo, a soumis des projets de textes relatifs à cette réforme au président en exercice de la Communauté, Idriss Deby Itno. Kris Letang Jersey

Ludovic AMARA

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