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Auteur: André mercredi, 9 janvier 2019

La Banque mondiale baisse à son tour ses prévisions de croissance

La croissance mondiale devrait passer de 3% en 2018 à 2,9% cette année et 2,8% en 2020 selon les dernières projections semestrielles de la Banque mondiale. L’institution a révisé à la baisse ses prévisions de 0,1 point par rapport à celles de juin dernier. Si les tensions commerciales apparaissent toujours comme l’un des risques les plus visibles pour l’activité internationale, l’endettement du secteur privé dans les économies émergentes pourrait fragiliser l’économie mondiale.

Guerre commerciale, endettement dans les économies émergentes, tensions sur les marchés. Les mauvaises nouvelles s’accumulent sur le front de la croissance mondiale. Après le Fonds monétaire international (FMI) et l’organisation de développement et de coopération internationale (OCDE), la Banque mondiale a révisé à la baisse ses prévisions de croissance dans son dernier rapport publié mardi soir. D’après les estimations de l’institution, la croissance mondiale va marquer le pas à 2,9% cette année (-0,1 point par rapport à juin) et 2,8% en 2020 contre 3% en 2018.

«  Après avoir tourné à plein régime au début de 2018, l’économie mondiale a perdu de la vitesse en cours d’année et le chemin pourrait être encore plus cahoteux en 2019″, prévient Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque  mondiale. « L’intensification des vents contraires, économiques et financiers, auxquels sont confrontés les pays émergents et en développement risque de compromettre les progrès accomplis par la communauté mondiale dans la réduction de l’extrême pauvreté », ajoute-t-elle. Enfin, « même si la probabilité d’une récession est toujours faible, et le ralentissement de la Chine progressif, un ralentissement plus marqué que prévu de l’activité des deux premières puissances économies mondiales pourraient avoir un sévère impact sur les prévisions économiques globales », explique le rapport.

Un coup de frein généralisé

Après un début d’année 2018 dans l’euphorie, le rythme de la croissance devrait ralentir dans l’ensemble des régions. Aux Etats-Unis, l’activité devrait observer un léger repli l passant de 2,9% en 2018 à 2,5% en 2019 et 1,7% en 2020. Depuis l’arrivée de

, le taux de chômage est au plus bas et l’économie américaine a continué de se redresser. Mais le creusement des déficits en période de ralentissement pourrait restreindre les marges de manoeuvre du milliardaire américain. En effet, si les Etats-Unis n’ont pour l’instant pas de difficultés à financer leur dette grâce à des taux très bas, la situation pourrait se compliquer si les marchés mondiaux se tendent encore.

En zone euro, les inquiétudes sur la croissance se multiplient. Les économistes de la Banque mondiale anticipent un fort ralentissement de la croissance passant de 2,4% en 2017 à 1,9% en 2018 et 1,6% en 2019. « En particulier, les exportations ont ralenti, reflétant la récente appréciation de l’euro et le ralentissement de la demande extérieure. » Les derniers chiffres concernant la production industrielle en Allemagne signalent une nette érosion de l’activité dans la première puissance économique de la zone euro.

En France, les perspectives ne sont pas très favorables non plus. Si les économistes de l’Insee anticipent un rebond de la croissance au premier trimestre, l’activité pourrait s’infléchir à plus long terme. En dépit de ces mauvaises nouvelles, le chômage poursuit sa décrue. D’après les dernières estimations d’Eurostat publiées ce mercredi, le taux de chômage s’est établi à 7,9% en novembre 2018 en baisse par rapport au taux de 8,0% d’octobre 2018 et au taux de 8,7% de novembre 2017. C’est le taux le plus faible enregistré depuis octobre 2008. Au niveau de l’Union européenne, le taux de chômage s’est établi à 6,7% en novembre dernier. « Cela demeure le taux le plus faible enregistré dans l’ UE à 28 depuis le début de la série mensuelle sur le chômage en janvier 2000″ souligne le communiqué de la commission européenne.

En Chine, la croissance devrait rester « robuste » malgré un ralentissement de l’activité. Les auteurs du rapport estiment que la croissance devrait passer  de 6,9% en 2017, à 6,5% en 2018 et 6,2% en 2019. « Un rebond de l’investissement privé devrait en partie compenser un déclin des dépenses publiques pour les infrastructures » note le document. « Cependant, la production industrielle et la croissance des exportations ont décéléré. »

Menaces sur la croissance

Les facteurs qui fragilisent les perspectives de croissance sont nombreux dans les pays en développement. Parmi les sujets évoqués dans le rapport figure entre autres le poids du secteur informel dans les économies émergentes. Il représenterait environ 70% de l’emploi et 30% de la richesse produite. « Ces chiffres sont symptomatiques de possibilités non exploitées, car ce secteur est synonyme de faible productivité, de maigres recettes fiscales et de niveaux élevés de pauvreté et d’inégalité »précisent les experts de l’institution basée à Washington.

Outre la place de l’économie informelle, l’endettement des pays émergents inquiète la Banque mondiale. « Certes, l’emprunt a permis à de nombreux États de satisfaire d’importants besoins de développement, mais le ratio médian de la dette rapportée au PIB est en hausse dans les pays à faible revenu et la composition de la dette s’est déplacée vers des sources de financement plus coûteuses basées sur le marché. » D.J. Fluker Jersey

André

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